Le contexte neuchâtelois
Neuchâtel est une ville qui pense en millièmes de millimètre.
C'est ici que l'industrie horlogère mondiale a posé ses fondations, au 17e siècle, quand des artisans des Montagnes neuchâteloises ont transformé un artisanat paysan en une industrie d'élite. Aujourd'hui, le canton abrite le CSEM, Centre Suisse d'Électronique et de Microtechnique, des sous-traitants de Rolex, TAG Heuer et Swatch Group, et des PME de microtechnique dont la précision rivalise avec ce qui se fait de mieux au monde. La première montre à quartz de l'histoire, la Beta 21, est née ici en 1967.
Ce contexte n'est pas qu'une carte de visite industrielle. Il façonne une culture entière. À Neuchâtel, l'excellence n'est pas un objectif, c'est le standard minimum. Le défaut n'est pas une option. La tolérance à l'erreur est mesurée en microns. Et cette exigence, qui produit des montres d'une précision extraordinaire, s'applique aussi, souvent sans qu'on le décide consciemment, au dirigeant lui-même.
Le tissu économique neuchâtelois est dominé par les PME familiales horlogères, où la transmission entre générations porte autant de pression identitaire que de fierté. Sandoz y a une présence pharmaceutique significative. La microtechnique attire des ingénieurs de génie qui deviennent dirigeants presque par accident, parce qu'ils étaient les meilleurs techniciens, pas nécessairement parce qu'ils avaient envie de diriger des hommes.
Le préparateur mental neuchâtelois que vous cherchez doit comprendre cette culture de l'intérieur. Pas pour la remettre en question, elle produit des résultats remarquables. Mais pour aider le dirigeant à distinguer la rigueur qui construit de la perfection qui paralyse.